Avant le Premier Empire

Le territoire communal est occupé dès le Moustérien, comme le prouvent les vestiges retrouvés à l’abri de Pommier, sur les bords de l’Isle. L’église actuelle dédiée à saint Martin porte en sa clé de voûte au-dessus du chœur un blason présentant : « d’azur à 3 cotices d’or au blason de Périgord brochant le tout » et la notice entourant celui-ci « Guy 1er Vicomte de Limoges père de Richard Abbé de Tourtoirac + MXXV + ». En effet, Richard était abbé de l’abbaye Saint-Pierre-ès-Liens de Tourtoirac qu’il aurait fondée au cours du XIe siècle. L’église de Savignac était sans doute un des premiers prieurés dépendant de l’abbaye. Ce pourraient être les vestiges d’un ex-voto à l’attention du vicomte Guy 1er qui a été inféodé suzerain de ce territoire au début des années 1030 pour contrebalancer l’autorité du comte du Périgord par le successeur de l’évêque Frotaire.

En 1120, la chapelle Saint-Christophe est mentionnée sous le nom de Sanctus Christoforus de Savinhaco parmi la liste des biens de l’abbaye de Tourtoirac dans une bulle du Pape Calixte II. La paroisse de Savignac dépendait de la châtellenie d’Auberoche, elle-même dépendant du château d’Excideuil qui était une des résidence des vicomtes de Limoges.

En 1555, on parle de Savinhac5. En 1680, la paroisse revient à la châtellenie des Bories et la famille de Saint-Astier qui y avait droit de basse, moyenne et haute justice. « Henri de Saint-Astier : Chevalier, seigneur des Bories et Sarliac, naquit en 1575 ; gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Henri IV, il est qualifié haut et puissant seigneur ». En effet, depuis 1572, Henri de Navarre était héritier de la vicomté de Limoges. Au XVIIe siècle, le village s’appelait Savignac-les-Deux-Églises.

En 1724, Louis XV, par des lettres patentes, déclare : « avons créé et établi, créons et établissons, quatre foires : le mardi de la mi-carême, l’octave de la Saint Laurent, Saint Christophe, l’octave de la Saint Martin comme aussi un marché qui sera tenu tous les mardis de l’année perpétuellement et a toujours ». C’est à cette époque, entre 1720 et 1750, que semble être désaffectée la chapelle Saint-Christophe.

En 1794, la commune de Saint-Privat-d’Excideuil fusionne avec Savignac-les-Églises. Les villages de Saint-Privat, La Peytelie et La Bourrelie, forts de leur population de 75 feux (environ 200 habitants), gonflent la population communale. Saint-Privat et La Peytelie possèdent également leurs églises. La commune possède donc quatre lieux de culte : l’église paroissiale Saint-Martin, la chapelle Saint-Christophe, la chapelle Saint-Privat et la chapelle Notre-Dame du Mont Carmel. Il subsiste encore à cette époque, en 1794, les vestiges de l’ancienne chapelle de l’hôpital à l’entrée sud du bourg. ​

La viticulture

Les communes des causses périgourdins connaissaient une importante activité liée à la culture de la vigne. L’ensemble des zones de causse était planté de vigne et ce jusqu’au moment où le phylloxéra a ravagé le vignoble français. On appelait « vin de Sorges » le vin produit dans le canton de Savignac-les-Églises.

Présent depuis l’époque romaine, la vigne a perduré sur la commune jusqu’à nous jours. Le vin faisait partie de l’alimentation quotidienne des personnes et sa culture était un revenu non négligeable pour beaucoup de paysans. Le canton était très viticole jusqu’au milieu du XIXe siècle et l’arrivée des maladies de la vigne. Ces maladies, l’oïdium vers 1850, le phylloxéra vers 1863 et le mildiou vers 1896, commencent à toucher le vignoble français. L’oïdium et le mildiou se traitent grâce à la bouillie bordelaise. Le phylloxéra est plus problématique, touchant la commune vers 1870. Les parcelles ont été replantées avec des cépages américains dont les plus célèbres sont : le Noah 7, le Clinton, l’Herbemont, l’Isabelle, le Jacquez et l’Othello.

La culture de ces six cépages a été interdite, officiellement pour des raisons sanitaires. En effet, le taux de méthanol contenu dans le vin issu de ces cépages est plus élevé que dans celui de Vitis vinifera. Pourtant, une simple analyse permet de prouver que ce taux n’est pas si élevé qu’on le dit8. D’autre part, seule la fermentation du jus de raisin peut produire le méthanol ; on peut donc manger le raisin ou boire le jus sans risque.

Le contexte politico-économique du début du XXe siècle, notamment la surproduction, a amené à remettre en question la culture de ces cépages (voir la révolte des vignerons du Languedoc en 1907). On peut imaginer que la légende du Noah « qui rend fou et aveugle » a aidé les paysans à abandonner ce cépage productif et facile à cultiver, ne nécessitant pas de traitements phytosanitaires. Dans des régions vinicoles telles que la région nantaise, productrice de muscadet, sa réputation de « vin qui rend fou » reste tenace encore aujourd’hui.

​ Sur l’ensemble de la commune subsistent des murs et des cabanes de pierres sèches. Parce que le travail de la vigne était réparti sur l’ensemble du territoire communal et du fait de sa présence sur le causse, il y avait abondance de pierres. Les générations successives ont constitué tous les murs de pierres sèches longeant les chemins lors de l’épierrage permanent réalisé dans les parcelles de vigne. C’est aussi l’origine de la construction de toutes les cabanes que l’on trouve aujourd’hui : simples abris de travail, remises à outils ou habitats temporaires lors des gros travaux exigés par l’entretien des vignes.

Durant la guerre de 1914-1918, un manque de bras n’a pas permis d’entretenir l’ensemble du vignoble. Beaucoup de parcelles difficiles ou trop éloignées ont été abandonnées et sont revenues à la forêt. Les surfaces en vigne ont continué à décliner jusqu’à la décision d’interdire six plants de vigne en raison de leur prétendue dangerosité. Il convient de se rappeler qu’on est à l’époque de la naissance des traitements phytosanitaires, la viticulture connaît aussi une crise de surproduction sans précédent. Après 15 années de tergiversations, l’État français crée en 1935 l’INAO pour tenter de mettre un semblant d’organisation dans la viticulture française. La première mesure consiste à rendre la production de certains cépages impropre à la consommation afin de résorber des excédents.

Depuis, le territoire cultivé a été utilisé par une agriculture de poly-élevage avec une diminution très importante des actifs agricoles. L’arrivée en 1857 à Périgueux de la ligne de chemin de fer en provenance de Bordeaux, via Coutras, et la création ultérieure à Périgueux des ateliers de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans ont encouragé l’exode rural. ​

Le tramway

En 1888, la commune a vu la construction d’un autorail dénommé « Tacot ». Il prenait son départ à Périgueux, place Francheville, à destination d’Excideuil. Une gare a été construite au sud du bourg, à l’emplacement actuel de la place du Souvenir. La ligne venait de Périgueux, via Trélissac, Antonne-et-Trigonant et Sarliac, traversait la commune et continuait son parcours vers Excideuil. Le parcours de la voie se faisait sur le tracé de la route départementale 705 jusqu’à la sortie du bourg, puis la voie prenait la route dite de Mayac, avec la gare du Dognon. Les gares suivantes étaient celles de Coulaures, La Reille, Saint-Pantaly-d’Excideuil, Saint-Martial-d’Albarède et enfin Excideuil où la gare retrouvait la ligne de Thiviers à Saint-Aulaire en Corrèze pour rattraper une nouvelle ligne allant de Nexon à Brive-la-Gaillarde.

La ligne de tramway a été fermée en 1948, mais les rails et la gare existaient encore quelques années plus tard. La gare possédait une activité voyageurs, mais aussi une grosse activité de fret, avec la présence d’une bascule pour peser les wagons. Celle-ci a été déconstruite au début des années 1950.

Cette ligne a créé une nouvelle activité économique pour la commune, outre les agriculteurs qui pouvaient expédier plus facilement leur production vers les acheteurs, il y avait aussi une demande de fagots et de bois de chauffage pour la locomotive. Tout au long de la voie, des tas de bois étaient disposés. Ceux-ci faisait l’objet d’un contrat entre l’entreprise et les producteurs. Telle personne avait un contrat envers la Compagnie de chemins de fer départementaux (CFD) pour une quantité de bois à déposer le long de la voie, à un endroit donné, et cela au fil de l’année.

La ligne de tramway était aussi connue pour son arrêt à quelques centaines de mètres avant la gare de Savignac en provenance de Périgueux. Cet arrêt se faisait au lieu-dit Les Graves, proche de l’ancienne carrière désaffectée. Cet arrêt permettait de puiser de l’eau pour la chaudière de la locomotive. De nombreux enfants quittaient alors leur wagon pour finir le parcours à pied à destination de la gare… et se faisaient rattraper par le convoi juste avant leur arrivée.

Politique et administration

Rattachements administratifs et électoraux

La commune de Savignac-les-Églises (appelée Savignac dans un premier temps) est devenue, dès 1790, le chef-lieu du canton de Savignac qui dépendait du district d’Excideuil jusqu’en 1795, date de suppression des districts. En 1801, le canton, qui devient celui de Savignac-les-Églises, est alors rattaché à l’arrondissement de Périgueux.

Dans le cadre de la réforme de 2014 définie par le décret du 21 février 2014, ce canton disparaît aux élections départementales de mars 2015. La commune est alors rattachée au canton Isle-Loue-Auvézère, dont le bureau centralisateur se trouve à Excideuil.

Intercommunalité

Fin 2003, Savignac-les-Églises intègre dès sa création la communauté de communes Causses et Rivières en Périgord.

Liste des maires Liste des maires successifs

Démographie

Histoire du recensement de la population en France et Démographie de la France. L’évolution du nombre d’habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Savignac-les-Églises depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (2004, 2009, 2014, etc. pour Savignac-les-Églises). Depuis 2006, les autres dates correspondent à des estimations légales. En 2013, Savignac-les-Églises comptait 969 habitants. ​

Économie

La carrière de calcaire.

  • École de Savignac : école supérieure de management, spécialisée dans l’hôtellerie, la restauration et le tourisme, ouverte en novembre 1988. Dans son secteur d’activité, elle est classée 1re au niveau national et 3e au niveau européen, derrière deux écoles suisses22.
  • Exploitation de calcaire sur une importante carrière pouvant traiter 500 000 tonnes par an au nord-ouest du bourg, le long de la route départementale 68.
  • Nombreuses entreprises du bâtiment : (maçonnerie, charpente, plomberie, ferronnerie, menuiserie).
  • Commerces dans le bourg : alimentation, bar, boucherie, dépôts de pain, couturière, fleuriste, quincaillerie, repas à domicile, restaurant, salon de coiffure, tabac, traiteurs, informatique.
  • Professionnels de la santé : médecin, infirmière, kinésithérapeute, pharmacie, socio-esthéticienne.
  • Affichage sur panneaux
  • Marché le mardi matin sur la place du 14 juillet. Tous commerces.
  • Nombreux gîtes ruraux et chambres d’hôtes.

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments

  • Ruines d’implantation et d’habitat gaulois sur la rive de l’Isle.
  • Substruction d’un moulin du VIe siècle au « gué de la Peytelie ».
  • Base de l’église paroissiale Saint-Martin datant du XIe siècle (pisé dans l’oratoire), église rebâtie lors des guerres de religion (vers 1570).
  • Ruines et chœur de la chapelle Saint-Christophe du XIIe siècle au cœur d’un ancien cimetière déménagé en 1904 et devenu parc d’agrément. L’entrée dans le parc se fait en passant sous un bas-relief du XIIIe siècle représentant une crucifixion. Cette sculpture est classée monument historique au titre d’objet depuis 1954.
  • Chapelle de la Peytelie du XVIIe siècle.
  • Nombreux cluzeaux et cabanes de pierre avec deux circuits de randonnée fléchés depuis la place de l’Église.
  • Faune et flore du causse périgordin avec espèces autochtones d’orchidées.
  • Jardin public avec coin pique-nique, jeux pour enfants et zone de baignade dans l’Isle, le long d’un chemin ombragé.
  • Le clocher de l’église Saint-Martin.
  • Le plafond du chœur de l’église.
  • Les ruines de la chapelle Saint-Christophe.
  • Le portail d’accès au jardin de la chapelle.
  • Clé de voûte du chœur de l’église Saint-Martin. ​

Patrimoine naturel

Hormis la plaine de l’Isle qui s’étend de 200 mètres à un kilomètre de large suivant les sites, le territoire communal est composé de deux causses de part et d’autre de la rivière.

Ces deux zones calcaires boisées sont classées comme zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), principalement pour leur flore spécifique :

  • le causse de Savignac28,29 représente plus de la moitié du territoire communal du sud-ouest jusqu’au nord ;
  • le causse de Cubjac30,31 s’étend au sud-est de la commune, sur près de 20 % de sa superficie.

Héraldique

À droite, le blason de la famille du Chaylard.

Les armes de Savignac-les-Églises se blasonnent ainsi : « Tranché, au 1er, d’azur au portail d’église au clocher mur d’argent ouvert et maçonné de sable, au 2d, de pourpre au portail d’église sommé d’un clocher couvert d’une flèche senestré d’un contre mur déclinant d’argent ouvert et maçonné de sable, au filet d’or brochant sur la partition. »

Ce blason a été réalisé au cours du mandat du maire Jacques Mougnaud, la commune n’ayant pas d’armoiries historiques propres mises à part celles de ses seigneurs. Une maxime était jointe sur le filet : Plaisance je fus, plaisante je reste. Celle-ci se référait à l’ouvrage Le Périgord illustré, écrit par l’Abbé Audierne, conservateur des monuments de la Dordogne, qui mentionnait que « Plaisance » était l’ancien nom d’une partie du bourg36. Il est à noter que des héraldistes se sont offusqués de cette mode des armoiries jugées trop descriptives puisque les deux églises étaient citées dans le blasonnement.

Auparavant étaient souvent utilisées les armoiries de la famille du Chaylard37 qui se blasonnent ainsi : « d’azur, à deux tours rangées d’argent, maçonnées de sable ; en cœur, un vol d’émerillon d’or ». Ce blason est représenté dans le chœur de l’église Saint-Martin en septième position sur la gauche.

​Savignac-les-Églises est une commune française située dans le département de la Dordogne, en région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. De 1790 à 2015, la commune était le chef-lieu du canton de Savignac-les-Églises.

Géographie

L’Isle en aval de la RD 68. Incluse dans l’aire urbaine de Périgueux1, et chef lieu de canton, la commune de Savignac-les-Églises est traversée d’est au sud par l’Isle, principal affluent de la Dordogne. Son altitude minimale, 105 mètres, se situe au sud, là où l’Isle quitte la commune pour entrer sur celle de Saint-Vincent-sur-l’Isle. L’altitude maximale, 234 mètres, se trouve à l’extrême sud-est, à quelques dizaines de mètres de la limite avec la commune de La Boissière-d’Ans, sur les hauteurs qui séparent les vallées de l’Isle et de l’Auvézère.

Le bourg de Savignac, établi sur la rive droite de l’Isle, est situé, en distances orthodromiques, 13 kilomètres au sud-ouest d’Excideuil et 18 kilomètres au nord-est de Périgueux, au croisement des routes départementales 4, 68 et 705 (l’ancienne route nationale 705).La commune est également desservie au nord par la route départementale 74.

Toponymie

Le nom de la commune provient du nom d’un personnage d’origine gallo-romane, Sabinius, suivi du suffixe -acum2, indiquant le « domaine de Sabinius ». La seconde partie du nom correspond au village établi autour des deux églises médiévales du lieu2.

En occitan, la commune porte le nom de Savinhac de las Gleisas3.